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 Dr. LAHLOU NAJIB ALLERGOLOGUE

Dr. LAHLOU NAJIB ALLERGOLOGUE

Les allergies au Maroc : et si c'était une allergie ? pensez-y....


SOMMES-NOUS TOUS ALLERGIQUES ?

Publié par Dr. Lahlou Najib sur 26 Février 2015, 18:50pm

Si l’allergie se déclare généralement au cours des vingt premières années de la vie, nul ne semble à l’abri puisque les symptômes peuvent apparaître à n’importe quel âge !
C’est dans l’enfance, et peut-être in utero, que les contacts avec l’allergène se font pour la première fois. C’est pourquoi on parle très souvent de l’allergie de l’enfant, mais rarement de celle qui se déclenche à l’âge adulte. Pourquoi se réveille-t-on un matin en larmoyant devant un bouquet de roses ou en manquant d’étouffer devant des bigorneaux ? Serions-nous tous, sans le savoir, des allergiques en sursis ? Oui, car les symptômes peuvent apparaître à n’importe quel âge ! Dans quelle direction chercher quand il n’y a pas d’antécédents familiaux ? Est-ce la faute de la pollution ? Ou serions-nous, comme des enfants au système immunitaire « immature » démunis, face aux dizaines de milliers de molécules inédites qui composent les nouveaux matériaux ?

1)Des allergies endormies

« On ne devient pas allergique du jour au lendemain », Il faut, dans un premier temps, rencontrer l’allergène, être sensibilisé à son sujet, c’est-à-dire fabriquer et mettre en “mémoire” la réponse immunitaire appropriée pour la prochaine rencontre. » Toute la journée, nous sommes en contact avec des substances pour lesquelles nous avons les bonnes réactions immunitaires. Mais il arrive que la réponse soit démesurée et inadaptée : c’est l’allergie. Entre la première rencontre et la manifestation du symptôme (rhinite, asthme, eczéma…), le corps est en état de sensibilisation latente, et cela peut durer plusieurs années. Un matin, l’allergie se déclenche, un peu comme un espion que l’on réveille. Encore faut-il que certaines circonstances soient réunies.

2)Trop d’allergènes, pas assez de défenses

Nous sommes de plus en plus confrontés à des concentrations élevées d’ allergènes. Depuis quelques années, les hivers plus doux favorisent une pollinisation très en avance pour la saison.Les personnes allergiques sont touchées de plein fouet. Cette concentration importante a également déclenché un premier épisode allergique chez de nombreux adultes. Une fois que le corps a fait une première réaction, plus rien n’est comme avant. Après l’épisode « bouleau », l’organisme, sensibilisé, peut se “ découvrir ” allergique aux noisettes, pommes cerises, pêches, carotte, pomme de terre, céleri (1). L’ampleur du problème est tel que l’OMS est parti en guerre contre cette « pollution verte ».

Le vent de l’allergie ne fait que se lever et ce d’autant plus si les défenses immunitaires sont affaiblies. Toutes les raisons qui nous font baisser la garde immunitaire — une forte grippe qui utilise une armée d’anticorps pour combattre le virus, une grossesse qui mobilise les défenses pour protéger le bébé, un gros stress susceptible de modifier de manière significative l’état immunitaire — perturbent momentanément le système de défense et rendent plus vulnérables aux allergènes. Bien entendu, le terrain joue un rôle important. Un enfant dont un parent est allergique à 30% de chances de le devenir. Ce chiffre monte à 60% en cas de double hérédité. Il arrive cependant que cette hérédité se révèle tardivement.

3)L’impact de la pollution.

Autres causes incriminées par les allergologues : les facteurs « aggravants », que nous appelons trivialement la pollution. Il faut dire aggravant et non déclenchant car, sauf exception pour la fumée de cigarette, il n’a pas encore été démontré que la pollution atmosphérique (tout ce qui est gaz, polluant, particules en suspension dans l’air) était responsable d’une quelconque allergie. En revanche, malades et médecins sont formels : le pollen des arbres de ville voit son potentiel allergisant démultiplié par la pollution. Les polluants atmosphériques d’origine industrielle modifient le composition des pollens : la quantité d’allergènes présente dans un grain augmente et leur libération dans l’air est facilité. Le résultat de cette collaboration est explosif pour les muqueuses nasales. D’autant que 70% à 80% des rhinites allergiques peuvent dégénérer en asthme.

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